La compagnie 303 est née lorsque j’ai construit dans mon double garage un espace de travail pour accueillir mes balbutiements et permettre à mes ami·es artistes de se retrouver pour répéter, pour chercher, pour créer.
C’était un lieu ressources, un lieu ami, un lieu refuge.
303 est devenue peu à peu un pas de côté pour la poésie des corps et des voix, un tissage à créer entre artistes et avec les publics, un espace pour des utopies enfantines qui construisent les lieux de demain.
Aujourd'hui, je veux ré-affirmer le désir de continuer à créer malgré tout, trouver les moyens, même s'ils sont si peu, pour déployer les images intérieures qui nous habitent, celles qui donnent voix et corps aux valeurs à défendre en tant qu'artiste citoyen·ne et militant·e, celles qui ouvrent des chemins pour les doutes et les vertiges.
Il nous faudra beaucoup de résistance pour continuer à vouloir emprunter ces chemins fleuris d’inconnus et d’adversité. À l’heure où il faut faire des choix, parfois même des choix de survie, la prise de risque paraît de plus en plus grande et tentante serait l’idée de plier à la peur soufflée par les vents froids de la pensée dominante, autoritaire et déliante.
Alors je crois qu’il va falloir redoubler d’inventivité et de courage pour continuer à imaginer ce qui nous permet de faire du lien, de créer de la surprise, d’enchanter les imaginaires, de mobiliser les corps et d’enjoyer les cœurs.
À cette heure, je n'ai ni recette ni FMDE (fucking mode d'emploi) mais j'ai la certitude que c'est bien sur les chemins de lucioles que l'on trouvera de quoi danser malgré la nuit.
Je dis : Une fleur ! Et pour qu'elle existe, il me suffit de la nommer, il me suffit de l'imaginer.